mercredi 17 mars 2010

Comme dans un tableau d'Edward Hopper

Office in a small city -Edward Hopper - 1953 (une très bonne
année à titre personnel, soit dit en passant)

Hier, j'ai poireauré...un certain temps! dans la salle d'attente
d'un médecin à Châteauroux.
On sait bien pourquoi on appelle les patients des "patients"...

J'ai eu tout le loisir de contempler à travers la fenêtre
les toits de deux immeubles - l'un ancien et l'autre plus
moderne - et je me suis dit que cet aperçu de paysage urbain
(avec le soleil printanier qui découpait avec précision les
zones de lumières et d'ombre) aurait pu inspirer
Edward Hopper...

mercredi 3 mars 2010

Quand Corto Maltese récite du Rimbaud

On trouve de tout sur Internet, y compris des moments de poésie
inattendus comme ICI

Voici le texte du poème de Rimbaud :

Sensation

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.
mars 1870

samedi 27 février 2010

Y a plus de saison...

Après une interruption (due à la pluie!), Novak Djokovic
a conservé son titre à Dubai en battant Michaël Youzhny
7/5, 5/7, 6/3.

vendredi 12 février 2010

Clin d'oeil au lecteur

"Un renard, troublé dans son sommeil par le pas léger
de l'enfant sur les feuilles, lança à Perle un regard
inquisiteur comme incertain s'il fallait mieux s'enfuir ou
reprendre son somme au même point. Un loup, dit-on -
mais ici l'histoire assurément, tombe dans l'invraisem-
blable vint flairer la robe de Perle et offrit sa tête farouche
aux caresses de la petite main. Ce qui semble vrai, en tout
cas, c'est que la mère - forêt et les créatures sauvages
qu'elle nourissait, reconnurent une parenté de sauvagerie
chez cette enfant des hommes."

Avant d'aborder le "sombre terme d'une histoire de faiblesse
et d'affliction humaines", notre ami Nathaniel Hawthorne
s'amuse un peu...
Est-il bien raisonnable de votre part de croire à tout ce que
je raconte? semble-t-il nous dire.

Si vous le voulez bien, c'est sur cette très légère (et subtile)
touche humoristique que nous conclurons cette série d'articles
consacrés à "la lettre écarlate, amis lecteurs de ce blog.

mardi 2 février 2010

Un tournoi d'échecs à Châteauroux

J'y ai participé du 28 octobre au 1er novembre 2009.
Plus de détails sur mon blog de l'Echiquier Berrichon : ICI

lundi 1 février 2010

Où s'arrêtera Federer?

Roger Federer a disposé facilement du "jeune loup aux dents
longues" Andy Murray en finale des Internationaux d'Australie
sur le score de 6/3, 6/4,7/6.
En jouant tout au long du tournoi "l'un des meilleurs tennis
de sa vie", selon ses propres déclarations.

La forme éblouissante du numéro un mondial, jointe à l'abandon
de Rafaël Nadal en quarts de finale, pour cause de blessure
amène tous ses supporters (dont je suis) à s'interroger :
pourquoi pas le grand chelem pour cette année?
Oui, je le sentirais bien comme ça : profitant de la baisse
de régime de son grand rival espagnol (c'est pas que je lui
souhaite du mal à Rafa...), Rodger s'imposerait pour la
deuxième année consécutive à Rolland, puis s'adjugerait
dans la foulée Wimbledon et l'US Open - un jeu d'enfant
pour lui!
Succédant dans la légende du tennis au grand Rod Laver
..."parce que je le vaux bien", comme on dit dans la pub.

Rayon tricolore, une mention très bien à Jo-Wilfried Tsonga,
auteur de deux belles victoires en cinq sets, la deuxième
contre Djokovic - revanche de la finale d'il y a deux ans.
En demi-finale, il se fit balayer par le maître (6/3, 6/2, 6/3)
mais comme il l'a déclaré : "perdre contre Federer, il n'y a
pas de honte".

Chambardement en tête du classement mondial :
1.Federer, 2.Djokovic, 3.Murray, 4.Nadal à qui je souhaite
bon rétablissement...mais après Roland-Garros!

samedi 30 janvier 2010

Disparition de J-D Salinger

Salinger et sa fille Margaret.

L'auteur de "l'Attrape-coeurs" faisait partie de ces rares
et énigmatiques personnalités qui, parvenues à la gloire grâce
au génie qu'elles ont démontré dans leurs oeuvres,
n'ont de cesse alors de fuir une lumière qui les dérange...
Laissant à d'autres le plaisir de parader vaniteusement sur
la scène médiatique, l'écrivain menait depuis une cinquantaine
d'années une vie tranquille et retirée dans une petite localité du
New Hampshire.

Sa fugue est terminée, qui ne faisait en somme que prolonger
toute une vie durant celle d'Holden Caulfield, l'adolescent en
crise de son roman-culte.

voir l'article de Pierre Assouline dans son blog "la République
des Lettres":
"Pour saluer Salinger".

samedi 9 janvier 2010

Notre Berry de l'automne à l'hiver

En préparation : "Notre Berry de l'hiver au printemps", "N.B. du
printemps à l'été" etc.

Un rayon de soleil

"Perle s'élança à vive allure, et comme Hester le vit en souriant,
rattrapa bel et bien le soleil : elle se tint dans sa chaude lumière,
toute baignée de sa splendeur, toute pétillante de gaîté et
toute rayonnante encore de l'ardeur de sa course. Le soleil
s'attarda autour de l'enfant isolée, comme heureux d'une pareille
compagne de jeu, jusqu'à ce que la mère se fut rapprochée au
point de n'avoir plus qu'un pas ou deux à faire pour entrer elle
aussi dans le cercle magique.
- Il va s'en aller maintenant, dit Perle, en secouant la tête.
- Vois! répondit Hester avec un sourire. Si j'étends la main, je puis
en prendre un peu.
Comme elle tentait de le faire, le soleil s'évanouit..."

Nathaniel Hawthorne - La lettre écarlate

jeudi 7 janvier 2010

Neige sur le Berry

mardi 5 janvier 2010

Notes de lecture sur "la lettre écarlate"

Salem, sa ville natale, n'a pas été ingrate envers Nathaniel
Hawthorne et lui a élevé une statue.


Pourquoi avoir choisi ce roman pour en faire "le fil rouge"
de mon blog pendant un temps?

Et bien, c'est le hasard...

Je m'étais dit qu'il fallait choisir un de mes livres...et je suis
tout simplement d'abord tombé sur celui-là, qui trônait
en haut d'une pile.

Pour dire la vérité, c'est surtout la préface de Michel
Leyris - remarquablement écrite - dont je me souvenais.
Et j'avais dû la parcourir une dizaine de fois (comme je l'ai
fait pour quelques autres).
Il arrive qu'un préfacier ait beaucoup de talent et comme
un texte court est plus facile à relire qu'un roman...

Quant à "la lettre écarlate", en elle-même, je donnerais ces
quelques impressions (totalement subjectives) de lecteur :
Il m'a été un peu difficile d'entrer dans ce roman (en par-
ticulier parce qu'il contient quelques phrases un peu longues
"à la Proust") mais une fois pris mon rythme de croisière,
je fus récompensé.

Le récit atteint pour moi au sublime dès le chapitre intitulé
"la veillée du ministre" - le dernier tiers du récit en gros.
Et mon plaisir de lecteur (point essentiel s'il en est!) fut
grand à partir de ce moment-là.

- Sur le fond du roman :
Bien sûr que le propos de l'auteur a rapport avec l'histoire,
la morale, la religion.
On peut le voir comme une charge contre le puritanisme
et un plaidoyer féministe - le personnage d'Hester étant,
incontestablement, magnifié et idéalisé.
Mais l'auteur se définit d'abord comme un romancier,
c'est-à-dire, d'après la belle définition qu'il en donne
dans son prologue de "la Douane"quelqu'un qui "rêve
d'étranges choses" et leur "donne l'apparence de la vérité".

Et peut-être est-il prudent de se contenter de cette "apparence
de vérité" et de ne pas lui en demander plus...

dimanche 3 janvier 2010

Chemin d'hiver

Résumé de "La lettre écarlate"

Le moment est venu, après avoir cherché à susciter la curiosité
des lecteurs de ce blog envers le roman intitulé "La lettre
écarlate" de leur en proposer un bref résumé.
Je ne vois pas d'inconvénient majeur à agir ainsi car, selon moi,
l'intérêt de l'oeuvre de Nathaniel Hawthorne réside plus dans
l'exceptionnelle qualité de son écriture que dans un suspense
relatif au déroulement de l'action.

Boston, Nouvelle Angleterre, au 17ème siècle.

Un matin d'été, la population de ce qui n'est alors qu'une
petite ville d'Amérique se presse aux abords de la prison.
C'est pour assister à l'exposition au pilori d'Hester Prynnne,
jeune femme coupable d'avoir conçu un enfant hors mariage.
Elle devra porter toute sa vie durant, cousue sur sa poitrine,
une lettre écarlate, marque d'infamie désignant alors aux
membres d'une colonie puritaine une femme adultère.

Par une cruelle ironie, c'est son amant secret, le pasteur
Arthur Dimmesdale, qui , dans le cadre de ses fonctions
eccléciastiques, est chargé de l'exhorter à révéler l'idendité
de l'homme avec qui elle a pêché.

Le mari d'Hester, un savant originaire de l'Ancien Monde,
contrefait et âgé, et qui avait imprudemment laissé sa jeune
épouse le devancer sur la terre américaine arrive à Boston
au moment même où Hester est exposé au pilori et découvre
ainsi son infortune.
S'étant introduit à l'intérieur de la prison sous couvert de
sa qualité de médecin, il fait jurer à son épouse de ne révéler
à personne la nature du lien qui les unit.

Hester, après avoir purgé sa peine, élévera seule sa fille
Perle dans une maison isolée à l'écart de la ville.
Elle gagnera au fil des années le respect général par sa piété
et sa pratique de la charité.

Pendant le même temps, le pasteur acquiert une grande
réputation par ses talents de prédicateur.
Néanmoins, cette renommée ne l'apaise pas, bien au contraire
et il dépérit peu à peu, rongé par le remords et le sentiment
de son imposture.
Le mari d'Hester, qui a adopté le pseudonyme de Roger
Chillingworth, a deviné que le pasteur a été l'amant de
son épouse.
Il le soigne, capte sa confiance et va jusqu'à partager le même
domicile que lui dans l'unique but, obsessionnel et maladif,
d'exercer une vengeance raffinée en épiant les souffrances
de celui qui devient sans le savoir sa victime.

Le temps d'une brêve rencontre en forêt, qui leur laisse
l'illusion qu'un espoir est encore possible, les deux amants
maudits envisagent de fuir loin de Boston pour pouvoir
vivre leur amour librement.

Mais on n'échappe pas si facilement à son destin...
A l'issue d'un ultime sermon où il transporte littéralement
l'assistance par son éloquence, le pasteur, à bout de forces,
se traîne sur le pilori et délivre enfin sa conscience en dévoilant
aux yeux de tous son imposture.
Après cette confession publique, il meurt dans les bras d'Hester.

Malgré ma déclaration initiale, pour conserver à ce beau
et sombre récit une part de son mystère à ceux de mes lecteurs
qui désirerait le découvrir, je me garderai de décrire les circons-
tances troublantes entourant la maladie et les souffrances
du pasteur Dimmesdale.
Je ne parlerai pas non plus de l'épilogue, réellement très beau.

lundi 21 décembre 2009

A la recherche de l'inspiration

"Le clair de lune qui, dans une pièce familière, jette sa lueur
blanche sur le tapis dont il fait ressortir distinctement tous les
dessins - rendant chaque objet minutieusement perceptible et
pourtant bien différent de ce qu'il était à la lumière du matin
ou du midi - est l'intermédiaire le plus favorable qu'un romancier
puissse trouver pour faire connaissance avec ses hôtes illusoires...

Si à pareille heure, un homme, assis dans la solitude, ne peut
rêver d'étranges choses et leur donner l'apparence de la vérité,
qu'il n'essaye jamais d'écrire des romans."

Nathaniel Hawthorne - La Douane - En manière d'introduction
à "La Lettre Ecarlate"

samedi 19 décembre 2009

Plaisir enfantin...

Comment résister au plaisir enfantin de diffuser sa première vidéo
enregistrée sur "You Tube"?

Bon d'accord, on essaiera de faire mieux la prochaine fois...

mercredi 16 décembre 2009

Le dimanche

Coup de coeur pour cette chanson du groupe Volo que je viens
de découvrir à la radio.

Le plaisir simple d'une ballade en famille le dimanche, rien
de plus banal...
Mais en avait-on jamais parlé aussi bien avant?

Winslow Homer

jeudi 10 décembre 2009

C'était la capitale A

" Mais l'objet qui attira le plus mon attention dans le mystérieux
paquet était certain article de belle étoffe rouge, fort usé et fané.
On y voyait les traces d'une broderie d'or, mais grandement
effrangée et défigurée; en sorte qu'elle n'avait rien ou presque
rien gardé de son éclat. Elle avait été oeuvrée, on le voyait
aisément, par une aiguille merveilleusement habile; et le point
(à ce que m'assure des dames versées en ces mystères)
témoigne d'un art aujourd'hui oublié, qu'on ne saurait
reconstituer, même en défaisant les fils. Ce lambeau d'étoffe
écarlate - car le temps, l'usage et une mite sacrilège l'avaient
réduite, à peu de chose près, à un lambeau - prit, sous mon
examen attentif, la forme d'une lettre. C'était la capitale A."


Nathaniel Hawthorne - La Douane - En matière d'introduction
à "La Lettre Ecarlate"

mercredi 9 décembre 2009

Elena

C'est une oeuvre du peintre Elena Zolotnisky (née en 1961).
Elle était intitulée à l'origine "untitled" - ce qui n'est guère
parlant - et je me suis autorisé à la baptiser du prénom de
son auteur.

Le personnage du tableau vous fixe d'une manière troublante.
Et peut-être a-t-il une âme tout comme vous? Allez savoir...
Mais ce n'est là, bien sûr, qu'une illusion crée par l'artiste à l'aide
de quelques couleurs jetées sur du papier.

Un jour de pluie et d'oisiveté

"Mais un jour de pluie et d'oisiveté, j'eus la bonne fortune de faire
une découverte qui ne laissait pas d'avoir son petit intérêt.
Comme je fouillais et fourgonnais parmi le fatras amoncelé dans
le recoin; dépliant tel ou tel document, lisant le nom de vaisseaux
depuis longtemps sombrés au fond des mers ou pourris dans les
bassins du port, et ceux de négociants dont la Bourse n'entendait
plus jamais parler et qu'on ne pouvait plus guère déchiffrer sur
leurs tombes moussues; parcourant ces choses du regard avec
l'intérêt languissant, attristé et à demi réticent que nous
accordons au cadavre d'une activité morte; et mettant en oeuvre
mon imagination que le manque d'exercice avait rendu pares-
seuse, pour faire surgir de ces os desséchés une image plus animée
de la vieille ville, du temps où l'Inde était une région neuve et où
Salem seule en connaissait la route - je mis par hasard la main sur
un petit paquet soigneusement enveloppé dans un morceau
de vieux parchemin jaune..."

Nathaniel Hawthorne - La Douane - En matière d'introduction
à "La Lettre Ecarlate".